Messe chrismale 2015

Messe-chrismale

Célébrée ce mardi 31 mars 2015, en la cathédrale Saint-Louis de Versailles, la messe Chrismale a été l’occasion pour l’ensemble des prêtres, diacres et fidèles des Yvelines de se retrouver autour de leur évêque, Mgr Aumonier.

La messe chrismale (chrisma signifie « onction ») tire son nom du fait que c’est au cours de cette célébration que sont bénis le saint chrême, l’huile des catéchumènes et l’huile des malades.

C’est aussi l’occasion pour tous les prêtres du diocèse de renouveler les promesses sacerdotales prononcées le jour de leur ordination.

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Présentation et bénédiction de l’huile des malades

Dieu notre Père, de qui vient tout réconfort,
toi qui as voulu, par ton Fils,
guérir nos faiblesses et nos maladies,
sois attentif à la prière de notre foi :

Envoie du ciel ton Esprit Saint consolateur
sur cette huile que ta création nous procure
prou rendre vigueur à nos corps.

Qu’elle devienne par ta bénédiction
l’huile sainte que nous recevons de toi,
pour soulager le corps, l’âme et l’esprit
des malades qui en recevront l’onction,
pour chasser toute douleur, toute maladie,
tout mal physique, moral et spirituel.

Que cette huile devienne ainsi l’instrument dont tu te sers
pour nous donner ta grâce.

Présentation et bénédiction de l’huile des catéchumènes

Dieu tout puissant, tu es la force de ton peuple,
tu veilles sur lui et tu as créé l’huile, symbole de vigueur ;
Daigne bénir cette huile,
accorde ta force aux catéchumènes qui en seront marqués :
recevant de toi intelligence et énergie,
ils en comprendront plus profondément la Bonne Nouvelle
et s’engageront de grand coeur dans les luttes de la vie chrétienne.

Rendus capables de devenir tes fils adoptifs,
ils seront heureux de naître à nouveau
et de vivre dans ton Église.

Présentation et bénédiction de l’huile et du baume pour le saint chrême

Prions, frères bien-aimés, Dieu le Père tout puissant
qu’Il bénisse cette huile parfumée,
qu’Il la sanctifie, afin que ceux qui en recevront l’onction
en soient pénétrés au plus profond d’eux-mêmes
et rendus capables d’obtenir le salut.

Dieu, de qui viennent toute croissance et tout progrès spirituel,
accueille avec bonté le joyeux hommage de gratitude
que ton Église t’offre par nos voix.
C’est toi qui, au commencement,
as voulu que la terre produise des arbres fruitiers.

Ainsi est né l’olivier,
parmi toutes les plantes
dont les fruits allaient procurer la bonne huile
qui servirait à faire le saint Chrême.

C’est ainsi que David,
entrevoyant sous l’inspiration prophétique,
les sacrements de ta grâce,
a chanté que cette huile ferait briller de joie notre visage ;
et lorsque le monde expiait ses péchés
sous les eaux du déluge,
une colombe portant un rameau d’olivier,
signe de tes bienfaits à venir,
annonça le retour de la paix sur la terre.

Tout cela se réalise en ces temps qui sont les derniers :
les eaux du baptême effacent nos péchés,
et l’onction d’huile donne à nos visages
la joie et la sérénité.

De même, lorsque tu prescrivis à Moïse
d’ordonner au sacerdoce Aaron, son frère,
tu lui demandas de le purifier par l’eau
avant qu’il le consacre par l’onction de ce parfum.

Mais il y eut plus encore,
lorsque ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur,
exigea d’être baptisé par Jean dans les eaux du Jourdain.
Alors, le Saint Esprit fut envoyé sur lui,
à la ressemblance d’une colombe,
et tu affirmas par la voix qui se fit entendre
que Jésus est ton Fils unique,
en qui tu as mis tout ton amour.
Tu montrais ainsi, d’une manière éclatante,
que se réalisait la prophétie de David :
« II sera consacré d’une huile d’allégresse,
au-dessus de tous ses compagnons ».

Aussi, nous t’en supplions, Seigneur,
sanctifie et bénis cette huile,
et, par la puissance de ton Christ
à qui elle emprunte le nom de saint Chrême,
pénètre-la de la force de l’Esprit Saint
dont tu as imprégné pour ton service
prêtres, rois, prophètes et martyrs.

Fais que cette huile, destinée à l’onction,
devienne pour ceux qui vont renaître par l’eau du baptême
le signe sacramentel du chrétien parfait.

Que chaque baptisé imprégné de l’onction sanctifiante,
libéré de la corruption première,
désormais temple de l’Esprit,
répande la bonne odeur d’une vie pure.

Selon le dessein de ta volonté divine,
en recevant la dignité de rois, prêtres et de prophètes
qu’ils soient tous revêtus de la grâce incorruptible.

Pour ceux qui renaîtront de l’eau et de l’Esprit,
que ce parfum soit le chrême du salut
qui les fasse participer à la vie divine
et communier à la gloire du ciel.

Petite histoire de l’onction dans la Bible

L’huile, un symbole religieux
 
De guérison
L’huile soigne les blessures du corps (Luc 30, 34), mais aussi celles de l’âme : « les apôtres chassaient les démons et faisaient des onctions d’huile à beaucoup de malades et les guérissaient » (Marc 6,13).
 
De consécration
L’huile précieuse, signe d’honneur, fut de tout temps réservée aux gestes de consécration : Jacob après sa rencontre en songe avec le Seigneur « prit la pierre, érigea une stèle et versa de l’huile au sommet. Il l’appela Béthel : Maison de Dieu » (Genèse 28). Ce vieux rite païen de consécration est repris pour signifier la présence du Seigneur.
 
Sacre royal
Dès l’origine, le roi d’Israël sera consacré par l’onction : Saül, puis David « Samuel prit la corne d‘huile et lui donna l’onction au milieu de ses frères et l‘Esprit du Seigneur fondit sur lui » (Samuel 16, 13). L’onction marque que le roi est élu par Dieu et assisté par Lui dans le gouvernement de son peuple.
 
0nction sacerdotale
« Aaron et ses fils, tu les oindras aussi et tu les consacreras pour qu’ils exercent mon sacerdoce » (Exode 30, 20-21). Les grand-prêtres et tous les autres prêtres la reçurent par la suite. Cette onction est faite avec le Chrême, mélange d’huile d’olive et d’aromates rares (Exode 30, 23 à 25). Elle sert aussi à la consécration des autels et objets du culte.
 
Mission prophétique
Aucun prophète (sauf Élisée) ne fut oint d‘huile, mais le choix de Dieu pour son service et celui de son peuple font dire à Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a oint, il m‘a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Isaïe 61, 1).
 
Le parfum de Dieu
L’huile parfumée est aussi subtil langage de communication : un parfum trahit à son insu celui qui le porte. St Paul ne craint pas d‘utiliser ce signe ; les « oints de Christ » ont pour mission de répandre la « bonne odeur du Christ » et le « parfum de sa connaissance » pour communiquer ainsi au monde la joie qui vient de l‘Esprit Saint
 
Le Christ, Messie, OINT
Jésus n‘a jamais reçu d’onction et n’en a jamais donné. Il est l’Oint par excellence. Il est le prophète, le roi, le prêtre, le temple, l’autel de qui tout tient sa consécration, de qui tout reçoit l‘Esprit. Dès son incarnation, Jésus est tout pénétré, comme d‘huile fine, de Dieu et de l’Esprit Saint (Actes 10, 38), pour imprégner le monde sauvé. C‘est le Christ, l’Oint, qui baptise, qui confirme, ordonne, pardonne et guérit les malades