Mais alors qu’est-ce qu’on est venu faire dans cette galère ?

En passant du milieu ecclésiastique et estudiantin un peu irréaliste de Rome, à la réalité de la vie ordinaire en France, je remarque que les premières semaines de rentrée sont marquées par le phénomène des réunions. On enchaîne des réunions qui préparent, présentent, lancent toutes les activités d’ordre scolaire, professionnel ou associatif qui vont rythmer notre année.

Avec toutes ses équipes qui se réunissent, la vie de notre groupement paroissial n’y échappe pas. Mais s’il est vrai que nous reproduisons ainsi le schéma du monde « civil » ou « profane », ce n’est pas, je crois, sans une marque propre.

En effet, dans le monde associatif ou professionnel, on s’investit au titre d’une compétence certifiée qui nous pose dans notre charge. Mais lorsqu’on est associé à un service d’Eglise, c’est bien plus souvent au seul titre d’un appel, du prêtre ou d’un paroissien, qui a provoqué, réveillé ou saisi en nous un désir de servir le Royaume de Dieu. Ne sachant comment concrétiser ce désir, on a répondu à cet appel.

Mais alors qu’est-ce qu’on est venu faire dans cette galère ? Et que va-t-on y apporter ? Qu’elles soient timides et tâtonnantes ou rodées et rationalisées, nos réunions se ressentent toujours de ce fonds d’incertitude d’être bien à sa place.

Subjectivement, c’est parfois un peu désagréable. Objectivement, c’est plutôt positif. Dieu le premier nous a aimés. C’est son choix gratuit, et non pas nos compétences personnelles, qui fonde notre être missionnaire. Voilà, je crois, comment toutes nos réunions de début d’année sont bien dans le monde, sans être du monde.

Pierre BOUQUIN, séminariste