La messe chrismale

Chaque année, dans tous les diocèses du monde, prêtres, diacres et fidèles se réunissent pour célébrer la Messe Chrismale. Elle se célèbre normalement au matin du Jeudi Saint mais peut être anticipée. Dans notre diocèse, elle a lieu le Mardi de la Semaine Sainte.

Pourquoi « chrismale » ?

La Messe Chrismale reçoit cette appellation parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême est consacré. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

Avec le Saint Chrême qui est l’objet d’une consécration spéciale, deux autres huiles sont bénites :

  • l’Huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les enfants déjà grands,
  • l’Huile des Malades qui sert dans la célébration du Sacrement des malades.

La consécration du Saint Chrême est une liturgie plus solennelle que la bénédiction des huiles. L’évêque verse le baume dans l’urne, puis il dit une longue prière de consécration. Pendant cette prière tous les prêtres concélébrant étendent la main vers le Saint Chrême.

Une fête pour le diocèse

Prêtres, diacres et fidèles sont invités largement à cette célébration qui manifeste l’unité de tout le diocèse autour de son évêque.

Au cours de cette messe, l’évêque invite les prêtres à renouveler leurs promesses sacerdotales, l’engagement qu’ils ont pris le jour de leur ordination, engagement de service auprès de leur évêque. Ils manifestent ainsi leur volonté de suivre le Christ et de poursuivre leur mission dans l’Église c’est-à-dire vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité. L’évêque pose aux prêtres trois questions concernant leur engagement et à trois reprises les prêtres répondent « oui je le veux ».

Qu’est-ce que l’onction ?

Le mot grec chrisma signifie onction. Chrisma a donné « Christ » et aussi « Chrétien ». L’onction s’appuie sur le symbolisme de l’huile. Celui qui est oint comme le roi puis le prêtre en Israël, est pénétré par la puissance divine.

Cette huile est aussi parfumée. Le parfum indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit ni n’entend : « Nous sommes la bonne odeur du Christ » écrit saint Paul (2 Cor 2,15). L’huile est par elle-même chargée de divers symboles : nourriture, éclairage, remède, fortifiant, parfum… Elle est porteuse de guérison, de santé et de beauté.

Le geste de l’onction est très ancien. Dans l’Ancien Testament, on le voit pratiqué aussi bien de manière profane (joie, honneur, hospitalité) que comme rite de consécration à Dieu.

L’onction du Saint Chrême nous marque du sceau de l’Esprit. Dans l’Antiquité, le sceau servait comme aujourd’hui à authentifier un document, mais il marquait aussi, par exemple, l’appartenance des soldats à leur armée. Jésus lui-même se déclare « marqué du sceau de son Père. » (cf. Jn 6,27) Le sceau de la confirmation par exemple exprime notre appartenance définitive à Dieu, mais aussi la promesse de sa protection dans les épreuves. L’onction avec le Saint Chrême est le signe principal du sacrement de la confirmation. Elle est aussi un signe secondaire dans d’autres sacrements : baptême, ordinations. Il faut se souvenir aussi que l’onction est aussi un geste de consécration à Dieu ou de bénédiction : églises, autels…

Annick et Christiane

extrait des Echos de Meulan, n° 570

En complément , messe Chrismale à Versailles