Les crèches sont installées

Voici les crèches de nos églises. Une longue histoire que celle de la crèche. C’est d’abord dans l’évangile de saint Luc que l’on trouve une évocation de cet endroit où est né Jésus : dans une étable à Bethléem, la Vierge Marie le place alors dans une mangeoire, « cripia » en latin (d’où le mot crèche en français). Ce n’est que bien plus tard, au XIIIème siècle, que l’on attribue à François d’Assise la création de la première crèche vivante dans la grotte de Greccio en Italie. Et il faut ensuite attendre le XVIème pour les voir apparaître dans les églises. En France, la révolution interdit leur représentation publique, ce qui va favoriser leur installation dans le milieu familial, et à partir du début du XIXème siècle, elles deviennent réellement une tradition en France, on a d’ailleurs noté le premier marché des santons à Marseille en 1803.

Vous en avez sans doute déjà vu de nombreuses : parlons un peu des différents symboles qui y sont représentés.

L’étable :

Toujours selon l’évangile de Luc (2,7), ne trouvant pas de place pour se loger, Marie et Joseph, qui voyageaient en Judée pour un recensement, se sont réfugiés dans une étable. L’évangile apocryphe de pseudo-Matthieu, écrit en 600-625 (13,2), nous en dit un peu plus, mais là il s’agit d’une grotte dans laquelle Marie accouche d’un fils… et ce n’est que deux jours plus tard qu’elle rejoint une étable et place Jésus dans une mangeoire. Celle-ci est aussi le symbole de ce que sera Jésus pour le monde : une nourriture pour les âmes…

Joseph et Marie :

Dès le début des évangiles de Luc et Matthieu, il est fait mention de Joseph, fils de Jacob, charpentier à Nazareth et qui va épouser Marie. C’est un personnage très mystérieux, nous ne savons pas grand chose à son sujet, d’ailleurs il est le plus souvent placé en retrait dans la crèche, debout, un bâton dans la main. Pour Marie, c’est très différent, son histoire commence dès l’annonciation quand un ange lui dit : « l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du très haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1,35). Elle est représentée agenouillée au plus près de Jésus.

Jésus :

C’est le personnage central de la crèche ; entouré de ses deux parents, il est représenté allongé, parfois nu mais le plus souvent emmailloté. La tradition veut qu’il ne soit installé dans sa mangeoire que dans la nuit du 24 au 25 décembre.

L’Ange Gabriel :

C’est « l’ange du Seigneur » dont parle Luc dans son évangile. Placé en général au dessus de la crèche il doit proclamer la bonne nouvelle, la naissance du Messie, c’est lui qui l’annonce aux bergers : « aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc 2 10-12).

Les bergers :

Ils font intégralement partie de l’iconographie de la crèche traditionnelle. Ils sont considérés comme étant les premiers à être informés de la naissance de Jésus. On les retrouve autour de l’étable en compagnie de quelques-uns de leurs moutons, en portant quelquefois un sur leur épaule.

L’âne et le bœuf :

Ces deux animaux, qui ne sont mentionnés dans aucun des textes bibliques, apparaissent pour la première fois dans un bas-relief au IVème siècle, ils sont présents dans les premières crèches. Mais c’est encore dans les évangiles apocryphes de pseudo-Matthieu qu’il est fait mention de leur présence (14). Ils sont considérés comme des symboles très forts, l’âne est la monture des prophètes, c’est sur son dos que Jésus fera son entrée dans Jérusalem (Luc 19, 32-36) comme l’avait prédit le prophète Zacharie (Zacharie 9, 9). Quant au bœuf, il représente l’animal connu comme étant Mithra, le rival du Christ, il semble donc important de le trouver couché, comme asservi, devant Jésus.

Les santons :

Comme l’âne et le bœuf, ces personnages ne sont jamais décrits dans les textes bibliques, ils ont sans doute été créés par la tradition populaire. Ils ont vocation de représenter l’ensemble de la population, tous métiers confondus, meunier, tambourinaire, curé, etc. qui viennent apporter le fruit de leur travail à l’enfant Jésus. Ils sont en général placés en dehors de la crèche, parfois sur une colline, donnant à l’ensemble un côté bucolique…

Les trois rois mages font aussi partie de ces symboles forts de la nativité, vous trouverez dans un autre article ce qu’ils représentent…